Mémoire de nos 1er mai : l’engagement républicain aux côtés des travailleurs

Pour les républicains attachés au progrès social, la journée du 1er mai n’est ni une simple commémoration institutionnelle, ni un jour férié ordinaire. Elle incarne le combat séculaire du mouvement ouvrier pour l’émancipation, la réduction du temps de travail et la dignité humaine. Fidèle à ses principes fondateurs, l’association République Sociale a toujours tenu à marquer cette date en portant une voix claire au sein du cortège syndical et populaire nancéien, rappelant que la République ne peut être accomplie sans justice sociale, ni le progrès social sans armature laïque et démocratique.

Cinq années de prises de parole et de rassemblement (2001-2005)

Durant plusieurs années consécutives, notre collectif s’est mobilisé sur le pavé lorrain pour nourrir la réflexion collective aux côtés des forces vives syndicales et associatives. Cette période a été marquée par une convergence constante avec la section de Nancy de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), illustrant la complémentarité indispensable entre la défense des libertés fondamentales et celle des garanties collectives des salariés.

  • 1er mai 2001 : Jean-Baptiste Saintot, alors président de la section locale de la LDH, ouvrait cette dynamique en rappelant l’universalité des droits civiques et sociaux face aux dérives de la dérégulation économique.
  • 1er mai 2002 : Dans le contexte singulier et alarmant de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, la mobilisation populaire a pris une ampleur historique. Notre association s’est exprimée d’une seule voix pour barrer la route à l’extrême droite tout en refusant le renoncement social. Les prises de parole successives d’Éric Tollenaere et d’Alban Dessouter, conjuguées à celle de Joëlle Losson pour la LDH, ont constitué un jalon majeur, comme en témoignent les archives des manifestations du 1er mai 2002.
  • 1er mai 2003 : Face aux offensives contre les régimes de retraite et la protection sociale, Renaud Chenu pour République Sociale a réaffirmé l’urgence de défendre les services publics, tandis que résonnait l’intervention de Joëlle Losson sur la précarisation des existences et la perte de repères civiques.
  • 1er mai 2004 et 2005 : Les interventions de Jean-François Claudon puis de nouveau de Renaud Chenu ont élargi le débat aux enjeux européens et constitutionnels, complétées par la tribune prononcée en 2005 par la présidente de la LDH Nancy sur l’action concrète en faveur des libertés publiques.

Faire vivre la Sociale face aux régressions contemporaines

À travers ces interventions successives, plusieurs axes directeurs ont forgé notre doctrine d’action : le refus de la résignation économique, le respect inconditionnel du droit d’organisation syndicale et la laïcité comme garant de la concorde au sein de l’espace civique. L’exigence de la « Sociale », chantée et revendiquée par les pionniers de la République démocratique et sociale de 1848 et de la Commune de Paris, demeure une boussole intacte.

« La liberté n’est qu’un vain mot quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain mot quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. »

Conserver la trace de ces débats permet de transmettre une mémoire collective exigeante aux nouvelles générations de militants républicains. Les membres du bureau et les membres du conseil d’administration poursuivent ce travail d’élaboration civique pour que le 1er mai continue de porter haut l’espérance d’une république laïque, souveraine et solidaire.