Face aux menaces croissantes qui pèsent sur les principes fondateurs de notre pacte civique, des militantes et militants d’horizons variés ont pris la décision de coordonner leur action. Rassemblant plusieurs dizaines de participants issus de l’ensemble du territoire national, un forum civique s’est tenu sous la bannière commune d’organisations attachées au progrès social et à l’émancipation démocratique : le Centre d’Action Européenne Démocratique et Laïque (CAEDEL-MEL), le Club République Sociale et le comité éditorial de la Lettre de Liaisons.
Une convergence citoyenne et politique d’urgence
Cette démarche collective a permis de donner la parole à des syndicalistes, élus locaux et acteurs associatifs animés par la volonté d’éclairer le corps civique. L’objet premier de cette rencontre réside dans la dénonciation lucide des réformes institutionnelles contemporaines, en particulier le processus de décentralisation et la révision constitutionnelle. Les interventions ont mis en exergue les ruptures majeures introduites sous couvert d’expérimentation locale ou de modernisation administrative.
Dans la fidélité aux valeurs rappelées dans notre charte de fondation du Club République Sociale, nous réaffirmons que la République ne saurait être réduite à une formule incantatoire sans contenu de justice sociale. Les débats ont permis de démontrer que les transformations en cours ne visent pas à rapprocher le citoyen de la décision publique, mais bien à fragmenter le droit du travail, à organiser la concurrence territoriale et à transformer l’égalité républicaine en une nébuleuse de contrats locaux.
L’offensive contre l’égalité républicaine et les services publics
L’unité de la nation repose historiquement sur l’égalité stricte des citoyens devant la loi, l’impôt et l’accès aux prestations publiques. Or, les projets de réorganisation territoriale entérinent un recul sans précédent : la dévolution de compétences régaliennes et la mise en pièces des statuts nationaux ouvrent la voie à une privatisation rampante. Les services publics, vecteurs d’émancipation collective, sont progressivement soumis aux logiques de rentabilité financière et de contractualisation mercantile.
Ce désengagement de l’État ne s’arrête pas au champ économique. Les participants ont souligné avec gravité les assauts répétés contre la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Au prétexte fallacieux d’intégrer des cultes ou d’accompagner des particularismes, certains dirigeants politiques préparent des accommodements de type concordataire, allant jusqu’à envisager le financement de lieux confessionnels par l’impôt public. À ces dérives s’ajoutent des ingérences religieuses directes dans la sphère éducative, observées jusque dans la formation des enseignants de l’école républicaine.
Un plan d’action résolu pour la souveraineté populaire
Face à ce tableau alarmant, la résignation n’a pas sa place. Les représentants des différentes forces réunies ont décidé de porter collectivement le combat pour défendre le bien commun :
- Interpellation des élus de la nation : Une lettre ouverte est adressée aux députés et sénateurs afin de rappeler solennellement qu’aucun mandat ne les autorise à briser l’édifice juridique et social de la République indivisible.
- Diffusion des travaux : La publication exhaustive des actes de la rencontre permettra de nourrir la réflexion populaire, à l’image des contributions recueillies lors des interventions du 19 janvier 2003.
- Amplification du mouvement : L’organisation d’assises citoyennes élargies est programmée pour fédérer l’ensemble des militants du mouvement ouvrier, laïque et démocratique.
Comme le souligne l’intervention du comité de rédaction de la Lettre de Liaisons, seule l’intervention directe des citoyens pourra enrayer la déconstruction méthodique de nos conquis démocratiques et sociaux. Nous appelons toutes les consciences républicaines à rejoindre ce front d’émancipation civique.




