1er mai 2003 : Indivisibilité des libertés démocratiques et des droits sociaux

Au printemps 2003, la commémoration républicaine du 1er mai s’inscrivait dans un climat politique et social lourd de menaces. Un an après le séisme électoral du 21 avril 2002, évoqué lors de la précédente prise de parole républicaine de 2002, les craintes militantes se trouvaient confirmées par une double offensive : sur la scène internationale avec l’embrasement du Proche-Orient, et sur le front intérieur avec un train de réformes fragilisant l’édifice social républicain.

L’indissociabilité des droits civiques et des garanties sociales

L’engagement militant fondé sur les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne saurait dissocier les libertés publiques fondamentales des garanties matérielles offertes aux citoyens. Une liberté d’expression, de réunion ou de conscience reste un simulacre dès lors que la précarité économique et l’absence de droits sociaux privent les individus de toute autonomie réelle. Partout dans le monde, l’histoire atteste que les attaques contre le monde du travail s’accompagnent inévitablement du musellement des contre-pouvoirs, de la répression syndicale et de la restriction du droit de manifestation.

L’impérialisme militaire et la régression humaine en Irak

Le déclenchement de la guerre en Irak par la coalition anglo-américaine au printemps 2003 a mis en lumière les dérives d’un interventionnisme unilatéral. Condamner ce conflit illégal n’a jamais signifié la moindre complaisance envers la tyrannie sanguinaire de Saddam Hussein, dont les crimes contre les Kurdes et l’écrasement des insurrections populaires étaient dénoncés de longue date par les républicains universalistes. Cependant, substituer à un despote un ordre imposé par les armes, favorisant la montée des factions cléricales et le recyclage des appareils de contrainte, constitue une tragique régression humaine. Remplacer le droit international par la loi de la force débouche inévitablement sur l’oppression accrue des peuples et, en premier lieu, des femmes.

Résistance civique face à la casse sociale et aux dérives sécuritaires

Sur le territoire national, la dégradation s’opère par des voies plus insidieuses mais tout aussi délétères. L’instrumentalisation continue du sentiment d’insécurité sert de paravent pour affaiblir les résistances collectives et justifier le démantèlement programmé des retraites, des services publics et du système de protection collective. La véritable insécurité demeure celle vécue par les salariés soumis au diktat de la rentabilité financière et confrontés à l’effritement des solidarités nationales.

Dans le même temps, les tentatives d’institutionnaliser le fait religieux et de fragmenter la communauté civique en communautés confessionnelles menacent directement l’idéal de laïcité. Face à ces manœuvres de diversion, qui cherchent à monter les catégories sociales les unes contre les autres et à stigmatiser les populations précarisées, seule l’action collective permet d’opposer une digue républicaine. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action concrète pour l’émancipation, portée par la mobilisation citoyenne et syndicale au cœur du mouvement social.